Reprise de l’emploi en construction après l’assouplissement des restrictions liées à la COVID-19 : données de l’EPA de mai


Carrefour Marché de l’emploi

Les données de l’Enquête sur la population active (EPA) de mai de Statistique Canada offrent des perspectives encourageantes, avec une reprise de l’emploi tant pour l’économie en général que pour le secteur de la construction à mesure que les provinces commencent à assouplir les restrictions liées à la COVID-19. Cependant, certaines provinces continuent d’afficher des taux de chômage élevés au moment où les chercheurs d’emploi réintègrent le marché.

Les résultats de l’EPA de mai font état des conditions du marché du travail du 10 au 16 mai, période pendant laquelle la Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Manitoba, le Québec, l’Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador ont accéléré l’assouplissement des restrictions liées à la pandémie.

À l’échelle nationale, l’emploi a augmenté de 290 000 travailleurs (+1,8 %), tandis que le nombre de personnes qui ont travaillé moins de la moitié de leurs heures habituelles a chuté de 292 000 (-8,6 %). Le chômage a atteint 13,7 %, le taux le plus élevé enregistré depuis 1976, la hausse ayant été de 5,6 % en février, de 7,8 % en mars et de 13 % en avril. Toutefois, la croissance du chômage en mai a été due en grande partie à une hausse de nombre de chercheurs d’emploi plutôt qu’à une augmentation des pertes d’emploi.

Le taux de chômage national dans le secteur de la construction a reculé pour s’établir à 14,7 % en mai, par rapport à 20,5 % en avril. Selon les tableaux d’emploi, il y a eu une augmentation de 132 600 travailleurs en mai, soit 12 % de plus qu’en avril, mais toujours 10 % de moins qu’en février. Par rapport à mai 2019, l’emploi comptait 214 400 travailleurs de moins (-14,6 %).

Figure : Population active, emploi et taux de chômage dans le secteur de la construction (%), Canada

La population active du secteur de la construction s’est accrue de 61 200 travailleurs en mai, une hausse de 4,6 % depuis avril, en grande partie attribuable à la réintégration des chercheurs d’emploi dans la population active du secteur.

Certaines provinces signalent aussi une reprise concomitante de l’emploi par rapport à avril, le Québec se situant au premier rang (+51,4 %), suivi de l’Île-du-Prince-Édouard (+34,7 %) et du Nouveau-Brunswick (+34,1 %). La croissance de l’emploi dans les autres provinces est demeurée inférieure à 20 %, Terre-Neuve-et-Labrador, la Colombie-Britannique et l’Alberta ayant connu la croissance la plus faible. La hausse de 6 % de l’emploi en Ontario a été compensée par une augmentation équivalente des travailleurs qui ont été réintégrés dans la population active. Après une baisse de 20 % en avril, Terre-Neuve-et-Labrador n’a connu aucune variation de l’emploi en mai.

Cependant, l’emploi par province est demeuré inférieur aux taux atteints en février 2020, sauf pour la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard.

Les taux de chômage dans le secteur de la construction ont varié entre 40,3 % à Terre-Neuve-et-Labrador et 11,2 % en Colombie-Britannique, et aucune autre province n’a affiché un taux supérieur à 18 %.

Bien que le nombre total d’heures travaillées en construction dans nombre de provinces ait rebondi, ces taux demeurent nettement inférieurs à ceux qui avaient cours avant la pandémie de COVID-19, et plus particulièrement à Terre-Neuve-et-Labrador (-34 %), en Ontario (-25 %) et en Colombie-Britannique (-24 %). Seule l’Île-du-Prince-Édouard a affiché un nombre supérieur d’heures travaillées.

Les sous-secteurs de la construction ont aussi affiché des taux d’emploi bien différents. Si on compare le taux moyen d’emploi de mars à mai de 2019 à celui de la même période de 2020, l’emploi dans l’industrie lourde et le génie civil a reculé de 19 %, tandis que dans le secteur des entrepreneurs spécialisés, il a baissé de 15 %. L’emploi dans le secteur de la construction d’immeubles n’a diminué que de 2 %. La construction d’immeubles résidentiels a faibli, les centres urbains ayant enregistré les répercussions les plus marquées.

Le rapport de l’EPA de juin devrait fournir plus de précisions sur les conséquences supplémentaires de l’assouplissement des restrictions liées à la COVID-19.

Bob Collins
Bob Collins est économiste en chef pour ConstruForce Canada.