Les tendances saisonnières font reculer l’emploi en construction et les tendances d’investissement laissent présager encore plus de baisses


Carrefour Marché de l’emploi

Les demandes saisonnières, la diminution de l’investissement dans la construction d’immeubles et les mesures sanitaires visant à limiter la propagation de la COVID-19 ont entraîné un recul de l’emploi dans le secteur de la construction en janvier.

Les données de l’Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada, recueillies durant la semaine du 10 au 16 janvier, révèlent une diminution marquée de 56 300 travailleurs à l’échelle du secteur, sur une base rajustée. En janvier 2021, l’emploi total dans le secteur atteignait 1,328 million de travailleurs, soit un déclin de 4,1 % par rapport au mois précédent et de 4,2 % (ou environ 58 100 travailleurs) par rapport à janvier 2020.

Graphique : Les demandes saisonnières, la diminution de l’investissement dans la construction d’immeubles et les mesures sanitaires visant à limiter la propagation de la COVID-19 ont entraîné un recul de l’emploi dans le secteur de la construction en janvier.  Les données de l’Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada, recueillies durant la semaine du 10 au 16 janvier, révèlent une diminution marquée de 56 300 travailleurs à l’échelle du secteur, sur une base rajustée. En janvier 2021, l’emploi total dans le secteur atteignait 1,328 million de travailleurs, soit un déclin de 4,1 % par rapport au mois précédent et de 4,2 % (ou environ 58 100 travailleurs) par rapport à janvier 2020.

Le recul du mois de janvier n’est pas une surprise. En raison de la nature saisonnière de l’activité de construction, les travaux liés aux projets d’infrastructure – routes, autoroutes, ponts – sont généralement interrompus pendant les mois les plus froids. L’Ontario et le Québec ont aussi instauré des confinements à la fin du mois de décembre, ce qui a limité certaines activités de construction.

Si ces tendances avaient été prévues dans l’EPA de janvier, la baisse constante de l’investissement dans la construction d’immeubles dans les cinq derniers mois de 2020 est plus préoccupante.

Sur une base rajustée, l’investissement global a atteint un sommet de 17,8 milliards de dollars en août 2020, puis a chuté au cours des cinq mois suivants pour atteindre 15,6 milliards de dollars en décembre. Bien qu’on ne puisse savoir avec précision quels seront les effets de cette réduction sur l’emploi en construction, cette tendance à la baisse laisse présager une certaine faiblesse du marché au début de 2021.

Les plus importantes pertes d’emploi du secteur ont été enregistrées dans les provinces de l’Atlantique

Les déclins mensuels les plus importants en ce qui concerne l’emploi dans le secteur de la construction ont été enregistrés au Nouveau-Brunswick (-20,8 %), à Terre-Neuve-et-Labrador (-9,3 %) et en Ontario (-6,9 %). La plupart des autres provinces affichent des baisses de 5 % ou moins. L’Alberta (+1,1 %) est la seule province à avoir enregistré un gain sur le plan de l’emploi.

En conséquence, le taux de chômage du secteur a augmenté pour atteindre 10,7 % à l’échelle nationale en janvier, par rapport à 8,7 % en décembre.

Les taux de chômage provinciaux les plus élevés dans le secteur de la construction ont été enregistrés à Terre-Neuve-et-Labrador (30,3 %) et au Nouveau-Brunswick (25,4 %). Dans le cas de Terre-Neuve-et-Labrador, le taux a légèrement diminué par rapport à décembre. Au Nouveau-Brunswick, cependant, le taux de chômage mensuel a grimpé de plus de 7 points de pourcentage.

L’Île-du-Prince-Édouard, le Québec, l’Ontario, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique ont affiché une augmentation des taux de chômage d’une année à l’autre. Les provinces de Terre-Neuve-et-Labrador, de l’Alberta, du Manitoba et de la Nouvelle-Écosse ont quant à elles enregistré des taux de chômage inférieurs en janvier à ceux de la période correspondante en 2020.

Réduction de la population active et du nombre d’heures travaillées

Globalement, la population active du secteur de la construction a enregistré une perte de 31 700 travailleurs (-2,1 %) en janvier par rapport à la période correspondante de l’année précédente, passant de 1 518 400 travailleurs en janvier 2020 à 1 486 700 travailleurs en janvier 2021.

Le déclin de la population active le plus important d’une année à l’autre a été constaté en Colombie-Britannique, qui a perdu 28 100 travailleurs (-11 %). Par contre, l’Alberta et la Nouvelle-Écosse ont enregistré des gains considérables, leur population active ayant augmenté de 10 400 travailleurs (+4,5 %) et de 1 900 travailleurs (+5,2 %), respectivement.

Finalement, le nombre total d’heures travaillées a continué de diminuer en janvier (-8 %). Il était toutefois seulement de 1 % inférieur à celui de janvier 2020.

En janvier, la diminution des heures travaillées s’est atténuée à Terre-Neuve-et-Labrador, qui avait enregistré d’importantes baisses à ce chapitre depuis le début de la pandémie. Les heures travaillées ont grandement diminué au Nouveau-Brunswick en janvier, la province ayant enregistré des baisses de 27 % par rapport à décembre et de 23 % d’une année à l’autre.

À l’opposé, l’Alberta (+12 %) et la Saskatchewan (+9 %) ont affiché des gains importants d’une année à l’autre en janvier, et le Manitoba (+1 %) et la Colombie-Britannique (+1 %) ont enregistré des hausses marginales.

Bob Collins
Bob Collins est économiste en chef pour ConstruForce Canada.