Le taux de chômage national dans le secteur de la construction a continué de baisser en août, mais un léger déclin de la population active est à surveiller


Carrefour Marché de l’emploi

Le taux de chômage du secteur de la construction au pays a continué de baisser en août pour un quatrième mois consécutif, mais un léger déclin de la population active commande une attention accrue.

L’Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada du mois d’août, qui reflète les conditions du marché du travail pour la semaine de 9 au 15 août, a encore une fois révélé une baisse du taux de chômage. Ce dernier, qui s’élevait 20,5 % en avril, est en effet passé à 7,3 % en août. Le déclin de 1,4 % est le plus faible depuis avril, mais n’est pas surprenant considérant l’importante reprise du secteur de la construction à la suite du confinement lié à la COVID-19. Le taux de chômage d’août 2020 dépasse néanmoins le taux enregistré en août 2019 de 2,6 points de pourcentage.

Figure : Population active, emploi et taux de chômage dans le secteur de la construction (%), Canada

À l’échelle régionale, le taux de chômage à Terre-Neuve-et-Labrador a chuté de 6,1 points de pourcentage en août, après une légère remontée en juillet. Malgré tout, le taux de chômage de la province demeure approximativement 9 points de pourcentage au-dessus du taux enregistré au mois correspondant de l’année dernière. Par contre, le taux de chômage de l’Ontario est pour sa part resté plutôt stable, soit à 8 %.

Le nombre de travailleurs sur les chantiers à l’échelle nationale a augmenté de 0,5 % de juillet à août, mais ce chiffre demeure toutefois 6,7 % inférieur à celui observé en août 2019.

Les variations du taux d’emploi diffèrent entre les provinces du pays en août : on note des gains importants en Saskatchewan (+5,7 %), en Nouvelle-Écosse (+5,4 %) et au Nouveau-Brunswick (+4,8 %), tandis que la Colombie-Britannique n’a enregistré qu’une faible croissance marginale de 0,1 %, l’emploi étant toujours inférieur de 8 % par rapport aux niveaux de février. L’emploi en Ontario a fléchi de 2,4 % pour se fixer juste sous les niveaux d’avant la COVID-19. La reprise à Terre-Neuve-et-Labrador continue de se faire attendre, le taux d’emploi étant toujours inférieur de 31,7 % à celui enregistré en 2019.

L’emploi dans les autres provinces canadiennes continue de se tenir bien au-dessus des taux d’avant la COVID-19. En effet, les données de l’Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick en août sont toujours supérieures à celles de 2019.

En plus de la remontée prometteuse de l’emploi, on constate aussi une augmentation du nombre d’heures travaillées en août. Le nombre d’heures travaillées à l’échelle nationale a rebondi pour atteindre un niveau 7 % plus élevé que celui de février (avant la COVID-19). Toutefois, ce chiffre demeure 10 % sous celui d’août 2019. Le nombre d’heures travaillées en Colombie-Britannique demeure 12 % sous les niveaux d’avant la COVID-19 et 11 % sous les niveaux d’août 2019. Malgré un déclin marginal de l’emploi dans le secteur de la construction en Ontario, les heures travaillées ont légèrement augmenté par rapport à juillet.

Même si l’on constate des améliorations en matière d’emploi de façon générale en août, on note un léger déclin (1 %) de la population active à l’échelle nationale. Cela pourrait être attribuable à des travailleurs qui poursuivent des occasions en dehors du secteur de la construction ou qui choisissent volontairement de ne pas travailler. Un tel déclin devrait être interprété comme un signal d’alerte par le secteur, qui aurait avantage à maintenir les efforts de recrutement et à soutenir les programmes d’apprentissage afin de veiller à ce que les employeurs puissent répondre à demande pendant toute la période de reprise.

Bob Collins
Bob Collins est économiste en chef pour ConstruForce Canada.