Le taux de chômage dans le secteur de la construction au pays a continué de baisser en septembre, malgré un léger recul de la population active


Carrefour Marché de l’emploi

La bonne nouvelle est que le taux de chômage du secteur de la construction au Canada a baissé pour un cinquième mois consécutif en septembre, mais le secteur doit tenir compte de légères contractions, tant de la population active que du nombre total d’emplois.

La plus récente enquête sur la population active de Statistique Canada, qui rend compte des conditions du marché du travail pour la semaine du 13 au 19 septembre, montre que les taux de chômage ont poursuivi leur baisse, passant de 7,3 % en août à 6,4 % en septembre. Dans le secteur de la construction, le taux de chômage se maintient à la baisse, une tendance qui s’est amorcée en mai avec la levée des restrictions provinciales à l’emploi imposées pour lutter contre la propagation de la COVID-19. En ce moment, les taux de chômage demeurent supérieurs de 2,3 points de pourcentage à ceux enregistrés en septembre 2019, mais la reprise dans le secteur de la construction continue de dépasser celle de la plupart des autres secteurs et celle de l’économie nationale, qui a enregistré un taux de chômage global de 9 % en septembre.

Toutefois, si on y regarde de plus près, l’emploi total en construction a diminué de 0,5 % et glisse ainsi de 7,4 % sous les niveaux d’emploi de septembre 2019, ce qui annule la croissance affichée en août. La population active du secteur de la construction a également enregistré une légère baisse de -1,4 % (-22 100 travailleurs) en septembre, bien qu’on ne saurait dire si ce recul est imputable aux travailleurs qui cherchent à décrocher un emploi dans d’autres secteurs ou qui choisissent volontairement de ne pas travailler. La taille de la population active de ce secteur demeure inférieure d’environ 5 % aux niveaux de septembre 2019.

Graph: Construction industry labour force, employment and unemployment rate (%), Canada

Les données provinciales parlent d’elles-mêmes, car l’interaction entre les taux de chômage et l’emploi total se poursuit dans toutes les régions.

Le taux de chômage est demeuré inchangé au Québec par rapport au mois d’août, tandis que le Manitoba et la Colombie-Britannique ont enregistré de légères hausses (<1 %). Terre-Neuve-et-Labrador a continué de regagner du terrain en reprenant cinq points de pourcentage par rapport au taux de chômage enregistré en août, ce qui lui permet de devancer le reste du pays. Toutefois, le taux de chômage dans la province demeure plus élevé d’environ 5 points de pourcentage comparativement à la période correspondante de l’an dernier.   

Terre-Neuve-et-Labrador a aussi devancé le reste du pays en termes de croissance de l’emploi d’un mois à l’autre, avec 12,1 %; la Nouvelle-Écosse suit avec 4,3 %. Le Manitoba, l’Ontario et le Québec ont réalisé des gains plus modestes se situant entre 1 et 2 %. Les autres provinces ont connu des baisses d’emploi légères à modérées, surtout en Colombie-Britannique (-7,8 %) et au Nouveau-Brunswick (-5,3 %).

D’une année à l’autre, les baisses d’emploi les plus importantes ont été enregistrées à Terre-Neuve-et-Labrador (-21 %) et en Colombie-Britannique (-14 %).

Le nombre d’heures travaillées en septembre a reculé au Nouveau-Brunswick (-7 %), à l’Île-du-Prince-Édouard (-4 %) et en Colombie-Britannique (-3 %). Terre-Neuve-et-Labrador a réalisé des gains et augmenté de 41 % le nombre d’heures, tandis que des gains plus modestes ont été enregistrés dans le reste du Canada. À l’échelle nationale, le nombre total d’heures travaillées demeure inférieur aux niveaux de septembre 2019, et seule l’Île-du-Prince-Édouard enregistre une reprise quasi totale.

Même si certaines provinces envisagent de nouvelles mesures de confinement en octobre, une meilleure compréhension de la nature de la pandémie, tant par les décideurs politiques que par les employeurs du secteur de la construction, ainsi qu’une confiance accrue des travailleurs envers les mesures de santé et de sécurité liées à la COVID-19 devraient, à l’approche de l’hiver, réduire l’incidence de l’incertitude sur les chiffres.
 
Entre-temps, le secteur doit poursuivre ses efforts pour promouvoir le recrutement et l’apprentissage afin de faire face aux fluctuations sous-jacentes de la taille de la main-d’œuvre, et ce, même pendant la reprise qui suivra la pandémie.

Bob Collins
Bob Collins est économiste en chef pour ConstruForce Canada.