Stabilité relative prévue après de nouvelles baisses d’emploi dans le secteur de la construction de Terre-Neuve-et-Labrador


Ottawa – Après l’achèvement du projet de développement hydroélectrique du cours inférieur du fleuve Churchill et de la plateforme de forage en mer de West White Rose, l’emploi dans la construction à Terre-Neuve-et-Labrador affichera une baisse en 2020 et 2021. Selon les prévisions sur le marché du travail publiées aujourd’hui par ConstruForce Canada, une période de relative stabilité suivra, compte tenu du démarrage prévu du projet d’exploitation en mer de Bay du Nord, de la hausse de l’investissement institutionnel et d’une reprise modérée dans la construction de nouvelles habitations.

D’après les prévisions du rapport provincial Regard prospectif – Construction et maintenance 2020-2029 de ConstruForce Canada, compte tenu de la diminution de la population et des besoins en construction actuels, la population active du secteur de la construction de la province retournera à des niveaux semblables à ceux d’avant la période de pointe de la fin des années 2000.

Selon les perspectives actuelles, l’emploi dans la construction diminuera de 3 200 travailleurs pendant la prochaine décennie, et la plus grande partie de cette baisse se produira au cours des prochaines années.

« La population active continue de s’ajuster aux niveaux d’emploi d’avant la période de pointe, affirme Bill Ferreira, directeur général de ConstruForce Canada. En conséquence, certains travailleurs déplacés pourraient se tourner vers des emplois dans d’autres secteurs ou à l’extérieur de la province au cours des dix prochaines années. Tandis que l’ajustement se poursuit, des niveaux records de départs à la retraite pendant la décennie pourraient entraîner des périodes de resserrement du marché du travail et des pénuries de compétences futures si les efforts de recrutement et de formation sont négligés. »

Le démarrage des travaux à la plateforme de West White Rose et à la mine souterraine de Voisey’s Bay a aidé à atténuer les baisses d’emploi en 2018 et a contribué à une légère hausse en 2019. Les travaux de la mine Wabush de Tacora Resources étant achevés, et compte tenu du ralentissement de l’activité dans le cadre du projet de la centrale électrique du cours inférieur du fleuve Churchill de Muskrat Falls et de l’achèvement prévu du projet de West White Rose d’ici 2021, l’emploi dans la construction non résidentielle devrait diminuer légèrement en 2020, puis de nouveau en 2021.

Le démarrage prévu du projet d’exploitation pétrolière en mer de Bay du Nord, en 2022, compensera les baisses d’emploi liées à l’achèvement du projet de Voisey’s Bay, mais, dans l’ensemble, les gains nets au chapitre de l’emploi pourraient être limités par une demande plus faible dans la construction d’immeubles industriels, commerciaux et institutionnels (ICI), en raison du déclin démographique.

En l’absence de nouveaux grands projets de construction après l’achèvement du projet de Bay du Nord, l’emploi dans le secteur de la construction non résidentielle devrait revenir aux niveaux précédant l’expansion de la fin des années 2000. Pendant toute la période de prévision, jusqu’en 2029, l’emploi en construction non résidentielle devrait baisser de près de 3 000 travailleurs (-22 %) comparativement à 2019.

Dans le secteur résidentiel, l’amélioration prévue des conditions économiques aidera à assurer la stabilité de l’investissement en rénovation pendant la période de prévision. Les mises en chantier ont diminué au cours des dernières années, mais les formations de ménages commenceront à augmenter d’ici 2022, ce qui donnera lieu à une reprise modérée des mises en chantier d’ici 2026. Pendant la période de prévision, l’emploi total dans le secteur résidentiel diminuera davantage, bien que légèrement.

Entre 2020 et 2029, quelque 5 900 travailleurs prendront leur retraite, et le secteur ne devrait attirer que 3 400 nouveaux venus provenant de la population locale âgée de 30 ans ou moins. Or, comme la population de Terre-Neuve-et-Labrador est parmi les plus âgées au Canada, la concurrence pour attirer ces jeunes travailleurs augmente au sein de la province.

Le perfectionnement de travailleurs de métier qualifiés dans le secteur de la construction nécessite des années et exige souvent la participation à un programme d’apprentissage provincial. Entre 2013 et 2019, près de 5 120 apprentis se sont inscrits dans les 13 plus grands programmes de métiers en construction de la province, et 3 110 personnes ont terminé leur formation pendant cette période. Afin d’aider le secteur de la construction à mieux évaluer le maintien en poste de ses travailleurs qualifiés, ConstruForce Canada assure maintenant le suivi du nombre de travailleurs de métier de la province détenant des certificats de compétence. Compte tenu des tendances actuelles en matière d’achèvement des programmes d’apprentissage et des départs à la retraite prévus pendant la décennie, plusieurs métiers pourraient afficher une réduction du nombre de compagnons certifiés, et le risque pourrait être plus élevé pour les techniciens d’équipement lourd, les mécaniciens en réfrigération et en climatisation, les tuyauteurs et les monteurs d’appareils de chauffage. Un engagement continu en matière de formation et d’apprentissage sera nécessaire pour s’assurer d’avoir un nombre suffisant de travailleurs de métier compétents afin de maintenir une population active qualifiée à long terme.

Pour constituer une population active durable, le secteur de la construction et de l’entretien devra aussi renforcer ses efforts de recrutement auprès de groupes traditionnellement sous-représentés dans sa population active actuelle, notamment les femmes, les Autochtones et les nouveaux Canadiens.

En 2019, quelque 1 600 femmes travaillaient dans le secteur de la construction de Terre Neuve-et-Labrador. Or, des 17 700 travailleurs de métier œuvrant dans le secteur, les femmes ne représentaient que 4,6 %. De la même façon, les Autochtones représentaient un faible pourcentage de la population active du secteur de la construction, soit un peu plus 8 % du total, dont environ 76 % travaillent directement dans les projets de construction. La hausse du taux de participation de ces deux groupes aiderait énormément le secteur à satisfaire ses besoins en main-d’œuvre futurs.

Pendant la prochaine décennie, la province devrait accueillir quelque 1 700 nouveaux arrivants en moyenne chaque année, de sorte que la population immigrée sera une importante source future de travailleurs potentiels pour le secteur de la construction et de l’entretien de Terre Neuve-et-Labrador. Les nouveaux Canadiens représentent actuellement environ 1 % de la main-d’œuvre de la construction de la province.

ConstruForce Canada est une organisation nationale menée par le secteur et représentant tous les marchés du secteur de la construction au Canada. Son mandat est de fournir en temps opportun de l’information exacte et des analyses sur le marché du travail, en plus d’offrir des programmes et des initiatives pour faire en sorte que la population active canadienne de la construction et de l’entretien puisse répondre à la demande, renforcer sa capacité et acquérir les compétences requises. Visitez le site www.previsionsconstruction.ca.

Renseignements : Bill Ferreira, directeur général de ConstruForce Canada, par courriel, à ferreira@construforce.ca, ou par téléphone, au 613 569-5552, poste 222.

Financé par le Programme d’appui aux initiatives sectorielles du gouvernement du Canada.