Les données de l’EPA de mai montrent un resserrement du marché du travail dans la construction à l’approche de la saison des chantiers

19 juin 2026 Blogues

Les données indiquent que l’emploi dans la construction a légèrement augmenté (+9 400 travailleurs; +0,6 %) au cours des 12 derniers mois, tandis que la population active s’est contractée de 2 200 travailleurs (-0,1 %).

Les plus récentes données de l’Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada pour mai 2026 indiquent que l’emploi dans la construction a légèrement augmenté (+9 400 travailleurs; +0,6 %) sur un an, tandis que la population active a diminué de 2 200 travailleurs (-0,1 %). Combinées, ces tendances ont entraîné un taux de chômage dans le secteur de 5,9 %, comparativement à 6,5 % un an plus tôt.

La hausse de la demande de main-d’œuvre — signe que la saison de construction s’intensifie — s’est accompagnée d’une diminution du nombre de personnes actives ou disponibles pour travailler dans l’industrie. Cette baisse est exclusivement observée chez les hommes de moins de 54 ans et dans trois provinces seulement : l’Ontario (-11 000; -1,7 %), l’Alberta (-7 500; -2,6 %) et le Québec (-5 700; -1,7 %). En Ontario et au Québec, la baisse de la population active s’est traduite par un resserrement du marché du travail, sous la forme d’une diminution des taux de chômage. En Alberta, le recul de l’emploi a dépassé la baisse de la population active, ce qui a entraîné une légère hausse du taux de chômage.

Sur un an, la croissance de l’emploi a été la plus forte chez les travailleurs âgés de 55 ans et plus (+11 000; +3,6 %), suivis par les travailleurs âgés de 25 à 54 ans (+6 900; +0,6 %). Elle a été la plus faible chez les jeunes et les nouveaux arrivants âgés de 15 à 24 ans (-8 700 travailleurs; -4,3 %).

Dans l’ensemble, l’emploi a augmenté chez les hommes (+2 400; +0,2 %) et chez les femmes (+7 000; +3,4 %) au cours de la même période de 12 mois. Toutefois, une baisse importante a été observée chez les plus jeunes cohortes, soit chez les jeunes hommes (-7 700; -4,2 %) et chez les jeunes femmes (-1 000; -6,0 %).

Les mises en chantier et l’achèvement des projets influencent les écarts provinciaux en matière d’emploi

À l’échelle du pays, cinq provinces ont enregistré des baisses d’emploi sur un an. La diminution la plus importante a été observée en Alberta (-7 800 travailleurs), suivie du Québec (-6 600). Trois provinces de l’Atlantique — la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador — ont également enregistré des pertes de 600 travailleurs ou moins chacune.

Parmi les provinces ayant affiché des hausses d’emploi, l’Ontario arrive en tête avec un gain de 9 000 travailleurs. La Colombie-Britannique suit avec +7 000 travailleurs, tandis que le Manitoba a enregistré une hausse de 5 600 travailleurs. La Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick ont enregistré des hausses plus modestes.

Les pertes d’emploi en Alberta et au Québec peuvent être attribuables au ralentissement de l’activité de construction dans ces provinces. Par exemple, en Alberta, la valeur totale des permis de bâtir pour la période de 12 mois se terminant en avril 2026 montre des baisses importantes dans les bâtiments institutionnels (-21 %), les immeubles résidentiels à logements multiples (-26 %) et les habitations individuelles (-11 %). Ces baisses ont été partiellement compensées par une augmentation importante de la valeur des permis dans le secteur industriel (+139 %). Dans l’ensemble, la valeur totale des permis est en baisse de 8 % pour l’année se terminant en avril 2026.

Au Québec, la valeur des permis dans le secteur institutionnel a diminué de façon notable (-36 %), possiblement en lien avec l’achèvement ou le ralentissement de grands projets, notamment à l’Hôpital Fleurimont, au Centre de recherche pour la défense de Valcartier et au Centre national de vérification et de recouvrement.

À l’inverse, l’Ontario a enregistré des hausses importantes de la valeur des permis dans les secteurs institutionnel (+60 %) et industriel (+43 %). La Colombie-Britannique a également connu une forte croissance, notamment dans les permis industriels (+315 %). En Ontario, cette croissance pourrait être liée au démarrage prévu de plusieurs grands projets d’immobilisations, dont l’Hôpital Civic d’Ottawa, le prolongement ouest de la ligne de train léger Eglington Crosstown, un projet d’aciérie à Hamilton et les retombées liées au projet Crawford Nickel. En Colombie-Britannique, la hausse de l’activité pourrait être associée à des projets de gaz naturel liquéfié, à des infrastructures de traitement de l’eau et à des projets miniers majeurs, dont l’expansion de la mine Red Chris.

Les taux de chômage dans la construction variaient considérablement à l’échelle du pays en mai 2026, allant de 4,1 % au Manitoba à 22,2 % à Terre-Neuve-et-Labrador. Cette dernière constitue toutefois une exception, la plupart des autres provinces affichant des taux compris entre 4,8 % (Alberta) et 9,7 % (Île-du-Prince-Édouard).

Indicateurs clés du secteur de la construction

Blogue Carrefour Marché du travail