Les plus récentes données de l’Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada pour juin 2026 montrent que l’emploi et la population active dans l’industrie de la construction étaient tous deux inférieurs aux niveaux observés au même mois l’an dernier.
L’emploi a reculé de 11 300 travailleurs (-0,7 %) au cours des 12 derniers mois, tandis que la population active a diminué de 20 000 travailleurs (-1,1 %). Par conséquent, le taux de chômage national dans la construction a diminué de 0,5 point de pourcentage pour s’établir à 4,8 %.

La population active féminine recule pour une septième fois au cours des huit derniers mois
La baisse du taux de chômage observée en juin semble davantage attribuable à une diminution de la population active qu’à une hausse de la demande de main-d’œuvre.
Plus précisément, les données de l’EPA montrent que la baisse de la population active féminine (-13 300; -5,7 %) représente environ les deux tiers de la diminution totale. Plus préoccupant encore, il s’agit de la septième baisse observée chez les femmes au cours des huit derniers mois.
Chez les femmes, le recul touche tous les groupes d’âge, mais il est particulièrement marqué chez les jeunes de 15 à 24 ans (-6 100; -26,9 %).
Un examen plus détaillé des données révèle également que l’emploi, la population active et le chômage ont diminué tant chez les hommes que chez les femmes. La population active masculine a reculé de 6 600 travailleurs (-0,4 %).
Chez les hommes, cette diminution est entièrement attribuable au groupe des 15 à 24 ans (-24 000; -11,1 %), une baisse suffisamment importante pour contrebalancer les gains enregistrés chez les travailleurs de 25 à 54 ans (+7 300; +0,7 %) ainsi que chez les travailleurs âgés de 55 ans et plus (+10 100; +3,6 %).
Le nombre de travailleurs employés dans l’industrie de la construction était également inférieur en juin 2026 par rapport au même mois de l’année précédente. Cette situation s’observe tant chez les hommes (-1 800; -0,1 %) que chez les femmes (-9 500; -4,3 %).
Les données sur les permis de bâtir et les mises en chantier indiquent un ralentissement de l’activité dans plusieurs provinces clés
L’une des explications possibles de ces diminutions de l’emploi est le ralentissement de l’activité de construction observé à l’échelle du pays.
Les plus récentes données nationales sur les permis de bâtir et les mises en chantier (mai 2026) montrent que tant la valeur que le nombre de permis de bâtir sont inférieurs à ceux observés un an plus tôt.
À l’échelle nationale, la valeur des permis de bâtir a diminué d’environ 14 %, notamment en raison des reculs enregistrés dans les secteurs institutionnel (-45 %) et industriel (-27 %).
L’activité dans le secteur résidentiel semble également avoir ralenti récemment. En mai 2026, les mises en chantier au Canada étaient environ 7 % inférieures à celles de la même période l’année précédente, notamment pour les logements en rangée (-15 %) et les appartements (-7 %).
Ces tendances peuvent laisser croire que certains travailleurs quittent la population active de la construction en raison d’un ralentissement perçu de l’activité, particulièrement chez les jeunes travailleurs.
Dans plusieurs provinces, l’activité résidentielle continue également d’être freinée par des niveaux d’immigration plus faibles, la hausse des taux d’inoccupation des logements locatifs et des coûts d’accession à la propriété relativement élevés.
Les données sur les mises en chantier pour la période de 12 mois se terminant en mai 2026 montrent notamment des diminutions en Ontario (-4 %), au Québec (-14 %), en Alberta (-15 %) et en Colombie-Britannique (-3 %). Des reculs ont également été observés au Nouveau-Brunswick (-17 %) et à Terre-Neuve-et-Labrador (-8 %).
Par ailleurs, les tendances de la population active dans le secteur non résidentiel pourraient être influencées par l’achèvement de grands projets.
Bien que la valeur des permis de bâtir ait diminué dans plusieurs provinces fortement peuplées, dont l’Alberta (-15 %), la Colombie-Britannique (-1 %), l’Ontario (-19 %) et le Québec (-11 %), ces baisses pourraient être temporaires.
Chacune de ces provinces compte une longue liste de grands projets en cours ou prévus dans un avenir rapproché.
L’Ontario enregistre une importante contraction de l’emploi; le Manitoba et la Colombie-Britannique affichent des gains notables
À l’échelle provinciale, les données pour la période de 12 mois se terminant en juin 2026 révèlent une importante baisse de l’emploi dans la construction en Ontario (-26 100 travailleurs; -4,3 %).
Des diminutions ont également été observées au Québec (-3 500; -1,1 %) et à l’Île-du-Prince-Édouard (-1 000; -9,5 %).
Ces pertes ont plus qu’annulé les gains enregistrés au Manitoba (+6 500; +10,2 %), en Colombie-Britannique (+5 300; +2,0 %) et en Alberta (+4 200; +1,6 %).
La baisse de l’emploi en Ontario est liée à la réduction de l’activité des permis de bâtir au cours de la période de 12 mois se terminant en mai 2026.
Dans le contexte d’une baisse globale de 19 % de la valeur des permis, la province a enregistré d’importants reculs dans les composantes industrielle (-39 %) et institutionnelle (-63 %).
Ces diminutions ont été particulièrement prononcées dans les régions de St. Catharines–Niagara, Barrie, Windsor, Brantford et Belleville–Quinte West.
Elles sont probablement attribuables au fait que plusieurs projets majeurs dans les secteurs de l’automobile, de la fabrication et des institutions ont dépassé leur période de pointe ou sont arrivés à terme.
Les mises en chantier en Ontario demeurent également inférieures aux niveaux observés au cours de la période de référence de 12 mois se terminant en mai 2026.
À l’inverse, les gains d’emploi observés au Manitoba et en Colombie-Britannique peuvent être associés à une croissance importante de l’activité liée aux permis de bâtir.
Au Manitoba, la valeur des permis a augmenté de 20 % au cours de la période de référence, grâce notamment à une hausse de l’activité industrielle (+74 %) et institutionnelle (+165 %).
En Colombie-Britannique, l’activité liée aux permis a progressé dans les composantes industrielle (+110 %), commerciale (+74 %) et institutionnelle (+61 %).
Les hausses enregistrées dans les régions de Chilliwack, Kamloops et Kelowna ont permis de compenser les diminutions observées dans certaines parties importantes de l’île de Vancouver et du Lower Mainland.
En Alberta, les gains d’emploi semblent être attribuables à l’activité associée à plusieurs grands projets, notamment les travaux préliminaires liés au projet d’expansion Path2Zero de Dow Chemicals et au projet de gazoduc Yellowhead Mainline d’ATCO, dont le démarrage était prévu en 2026.
Ces gains ont vraisemblablement compensé les reculs attendus dans le secteur résidentiel, où la construction de logements neufs continue de ralentir.
Les taux de chômage dans la construction pour la période de 12 mois se terminant en juin 2026 variaient de 1,9 % au Manitoba à 9,7 % à Terre-Neuve-et-Labrador.
Parmi les autres provinces, la Saskatchewan affichait un taux de 2,2 % et la Colombie-Britannique un taux de 3,4 %. La plupart des autres provinces se situaient entre 4,9 % et 5,9 %.
Les rapports Construction et maintenance : Regard prospectif 2026–2035 sont maintenant disponibles
Pour obtenir davantage d’information sur ces tendances et d’autres enjeux touchant le marché du travail de la construction, consultez les rapports Construction et maintenance : Regard prospectif de ConstruForce Canada pour les secteurs résidentiel et non résidentiel.
Publiés le 20 juillet 2026, les rapports pour la période de prévision 2026–2035 sont maintenant disponibles.

Indicateurs clés du secteur de la construction
