L’EPA de mars 2026 fait état de pertes d’emploi, principalement attribuables aux reculs chez les femmes et les travailleurs plus âgés

21 avril 2026 Blogues

Les données indiquent que le secteur de la construction n’a pas encore commencé à déployer des travailleurs en prévision de sa saison d’activité habituelle.

Les indicateurs d’emploi et de population active dans la construction ont légèrement diminué pour la période de 12 mois se terminant en mars 2026, les réductions étant les plus prononcées chez les femmes et les travailleurs plus âgés. Des reculs ont également été observés chez les jeunes travailleurs.

Au cours des 12 derniers mois, l’emploi dans la construction a diminué de 19 100 travailleurs (−1,2 %), tandis que la population active de l’industrie a reculé de 19 400 travailleurs (−1,1 %). Par conséquent, le taux de chômage dans la construction a augmenté d’un dixième de point de pourcentage pour s’établir à 8,3 %.

Pour un quatrième mois consécutif, les pertes d’emploi ont été les plus importantes chez les femmes. La diminution de 21 800 travailleuses (−9,9 %) a plus que compensé la légère hausse de l’emploi observée chez les hommes (+2 700 travailleurs; +0,2 %). Les trois cohortes d’âge féminines ont toutes enregistré des baisses d’au moins 6 500 travailleuses.

L’emploi chez les travailleurs plus âgés, c’est-à-dire ceux de 55 ans et plus, s’est également contracté de façon notable entre mars 2025 et mars 2026, avec une diminution de 27 900 travailleurs (−9,0 %). Ce recul a été relativement plus prononcé chez les femmes (−17,1 %) que chez les hommes (−7,5 %). Cette diminution est probablement représentative du vieillissement de la population et des départs à la retraite, combinés à un marché de la construction plus faible, ce qui peut accélérer certaines décisions de retraite.

Chez les jeunes travailleurs, c’est-à-dire ceux âgés de 15 à 24 ans, l’emploi a aussi diminué de façon notable, ce groupe enregistrant une baisse globale de 5 500 travailleurs (−3,1 %). Une légère hausse de l’emploi chez les jeunes hommes (+1 000 travailleurs; +0,6 %) a été plus que compensée par une diminution de 6 500 jeunes travailleuses (−34,8 %). De plus, une modeste progression de l’emploi chez les travailleurs d’âge central, tous genres confondus, soit 14 300 travailleurs (+1,3 %), n’a pas suffi à contrebalancer les reculs observés chez les groupes d’âge les plus jeunes et les plus âgés.

Ces données continuent de suggérer qu’au moment des dates de l’EPA en mars, le secteur de la construction n’avait pas encore commencé à déployer des travailleurs en prévision de sa saison d’activité traditionnelle. Habituellement, l’emploi dans la construction recommence à croître après une pause hivernale, en mars ou en avril de chaque année. Il convient toutefois de noter que le taux de chômage observé en mars 2026 est comparable à ceux enregistrés en mars au cours des années précédant la pandémie, et demeure nettement inférieur aux taux observés pour ce mois au cours des dix dernières années.

À l’échelle du pays, seules deux provinces, la Colombie-Britannique et le Manitoba, ont affiché des gains d’emploi notables au cours des 12 derniers mois. La Colombie-Britannique a ajouté 11 400 travailleurs (+4,5 %) par rapport à mars 2025, tandis que le Manitoba a ajouté 10 100 travailleurs (+18,7 %). La Saskatchewan, Terre-Neuve-et-Labrador et la Nouvelle-Écosse ont également enregistré des gains plus modestes.

Les provinces ayant affiché des baisses d’emploi notables au cours des 12 derniers mois comprennent le Québec (−20 300 travailleurs; −6,6 %), l’Alberta (−15 900 travailleurs; −6,0 %) et l’Ontario (−9 300 travailleurs; −1,7 %). Ensemble, les pertes d’emploi dans ces trois provinces ont plus que compensé les gains enregistrés ailleurs.

L’activité de construction en Alberta, au Québec et en Ontario, mesurée par l’activité des permis de bâtir pour la période de 12 mois se terminant en février 2026, pourrait réagir aux effets défavorables du différend tarifaire en cours entre le Canada et les États-Unis. L’activité des permis dans le secteur non résidentiel a diminué de façon notable dans les trois provinces entre février 2025 et février 2026. Au cours de cette période, l’activité des permis a reculé de façon marquée dans les secteurs industriel et commercial (les secteurs où la majorité des projets sont financés par des capitaux privés) dans les trois provinces. Les trois provinces affichent également des niveaux plus faibles d’activité de construction institutionnelle, tandis que l’Alberta et l’Ontario continuent d’enregistrer des niveaux réduits de construction résidentielle de faible hauteur.

À l’inverse, le Manitoba et la Colombie-Britannique affichent des niveaux élevés d’activité des permis de bâtir au cours de la période de 12 mois se terminant en février 2026. La valeur des permis au Manitoba est en hausse de 42 % par rapport à l’année précédente, seules les activités de construction commerciale affichant des reculs. La Colombie-Britannique présente une tendance similaire, la valeur totale des permis étant en hausse de 12 %.

Enfin, les données de l’EPA de mars 2026 montrent que les taux de chômage provinciaux varient d’un sommet de 31,3 % à Terre-Neuve-et-Labrador à un creux de 6,0 % en Colombie-Britannique. Trois autres provinces, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et le Québec, ont affiché des taux de 10,0 % ou plus, tandis que les autres provinces se situaient entre 6,3 % et 9,2 %.

Indicateurs clés du secteur de la construction

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