20 JUILLET 2026 – OTTAWA (ONTARIO)
Les investissements dans la construction au Canada ont augmenté en 2025, alors que la croissance continue du secteur non résidentiel s’est ajoutée à celle du secteur résidentiel, stimulée par une hausse des mises en chantier. Bien que les prévisions indiquent une croissance des investissements dans les deux secteurs d’ici 2035, ils suivront des trajectoires différentes.
ConstruForce Canada a publié aujourd’hui ses rapports saillants Regard prospectif – Construction et maintenance pour les secteurs de la construction résidentielle et non résidentielle au Canada, couvrant la période de prévision de 2026 à 2035. Financés en partie par le Programme de solutions pour la main-d’œuvre sectorielle du gouvernement du Canada, les rapports mettent en lumière la croissance de la demande de construction partout au pays ainsi que le rôle de l’industrie comme moteur essentiel de l’emploi et de la croissance économique, tout en soulignant sa contribution à la réalisation de logements et d’infrastructures essentielles.
« La construction est un contributeur clé à l’économie canadienne. Elle représente 7 % du produit intérieur brut national et emploie 1,6 million de personnes, soit environ un Canadien actif sur 13 », affirme Warren Douglas, président du conseil d’administration de ConstruForce Canada. « Alors que l’industrie est de plus en plus appelée à soutenir la mise en œuvre de politiques publiques et à maintenir la qualité de vie exceptionnelle dont jouit le Canada, elle doit continuer de se présenter comme un choix de carrière de premier plan auprès des jeunes et des groupes sous-représentés afin de renouveler sa main-d’œuvre et de continuer à livrer les infrastructures essentielles dont le pays a besoin. »
L’activité de construction résidentielle amorce la période de prévision sur une tendance à la baisse. Les investissements ont fortement augmenté jusqu’en 2021, mais ils ont ralenti depuis sous l’effet combiné des taux d’intérêt élevés, du ralentissement de la croissance démographique et de l’incertitude créée par le différend tarifaire en cours entre le Canada et les États-Unis. Les prévisions annoncent une poursuite du recul des investissements entre 2026 et 2028. La croissance devrait reprendre par la suite et se poursuivre jusqu’à la fin de la décennie, d’abord grâce à la demande pour de nouveaux logements, puis, dans les années ultérieures, grâce à l’augmentation soutenue de la demande en rénovations résidentielles.
D’ici la fin de la décennie, l’emploi dans la construction résidentielle devrait diminuer de 4 % par rapport aux niveaux élevés observés en 2025, les pertes étant entièrement concentrées dans la construction de nouveaux logements.
« La main-d’œuvre du secteur résidentiel vieillit, ce qui posera d’importants défis au secteur dans les années à venir », affirme Frank Lohmann, chef de la direction par intérim de l’Association canadienne des constructeurs d’habitations. « Les 135 000 travailleurs qui devraient prendre leur retraite d’ici 2035 représentent plus du cinquième de la main-d’œuvre actuelle du secteur. Le moment est donc venu pour l’industrie de maintenir une attention soutenue au recrutement et à la formation de nouveaux travailleurs afin de remplacer ceux qui quittent le secteur. »
Parallèlement, l’activité dans le secteur de la construction non résidentielle devrait croître jusqu’en 2029 grâce à l’importante activité liée aux grands projets dans toutes les provinces. La croissance la plus marquée au cours de cette période devrait être observée dans les travaux de génie, où plusieurs projets majeurs sont en cours ou prévus, notamment dans les secteurs du transport collectif, des services publics, de l’exploitation minière et des minéraux critiques, ainsi que dans plusieurs projets de construction nationale annoncés par le gouvernement fédéral. Une croissance supplémentaire est également attendue dans le secteur des bâtiments industriels, commerciaux et institutionnels (ICI), grâce à de nombreux projets dans les domaines de la santé et de l’éducation, ainsi qu’à l’augmentation prévue de la construction commerciale dans les années à venir.
Bien que les investissements dans ces deux composantes, et dans l’ensemble du secteur non résidentiel, ralentissent dans les années ultérieures à mesure que les projets connus dépassent leurs périodes de pointe ou arrivent à terme, les investissements liés à l’entretien du parc immobilier non résidentiel, y compris les arrêts planifiés et les travaux de réfection industrielle, devraient augmenter fortement jusqu’à la fin de la décennie.
Ces facteurs combinés devraient faire progresser l’emploi dans la construction non résidentielle de 6 % par rapport aux niveaux de 2025 d’ici 2035. Les gains importants attendus dans la construction de bâtiments ICI et dans les activités d’entretien non résidentiel devraient compenser une légère baisse de l’emploi dans les travaux de génie.
« Les besoins en main-d’œuvre devraient demeurer importants dans l’ensemble du secteur non résidentiel jusqu’à la fin de la période de prévision, particulièrement alors que les investissements atteignent un sommet prévu en 2029 », affirme Irwin Bess, directeur général de ConstruForce Canada. « Notre modèle de prévision suit actuellement près de 800 grands projets partout au pays, représentant une valeur combinée de plus de 500 milliards de dollars. Nous surveillons également une longue liste d’autres projets qui n’ont pas encore fait l’objet d’une décision finale d’investissement et qui n’ont donc pas été intégrés à notre scénario. Chacun de ces projets pourrait avoir des répercussions importantes sur la croissance des investissements et de l’emploi lorsqu’il sera approuvé. »
Les pressions sur le marché du travail sont demeurées élevées dans le secteur résidentiel en 2025 pour plusieurs des 34 métiers et professions suivis par ConstruForce Canada. À mesure que la demande ralentira au début de la période de prévision, ces pressions devraient s’atténuer et certains métiers pourraient même connaître des surplus de main-d’œuvre. Dans le secteur non résidentiel, les marchés du travail devraient continuer de connaître des périodes de forte tension dans plusieurs provinces et régions, les besoins étant étroitement liés au calendrier des grands projets.
« Les pressions sur le marché du travail dans le secteur de la construction se sont atténuées depuis la période qui a immédiatement suivi la pandémie », souligne Graham Polischuk, vice-président du conseil d’administration de ConstruForce Canada. « Toutefois, même si le taux de chômage moyen de l’industrie revient progressivement à des niveaux plus traditionnels, entre 5 % et 6 %, cette tendance s’explique en partie par la réduction de la taille de la population active, elle-même possiblement attribuable au ralentissement de la demande dans la construction résidentielle. Compte tenu du volume de projets prévus partout au pays et de la croissance attendue du secteur résidentiel après 2027, l’industrie doit continuer de mettre l’accent sur le recrutement et la rétention afin de maintenir une main-d’œuvre forte et en santé. »
Les perspectives résidentielles varient d’une province à l’autre, tandis que l’activité non résidentielle est soutenue par les grands projets
Trois des quatre provinces de l’Atlantique ont enregistré une hausse globale de l’activité de construction en 2025, grâce à la croissance de leurs secteurs résidentiel et non résidentiel respectifs. Seule Terre‑Neuve‑et‑Labrador a connu une baisse globale des investissements en construction, le recul du secteur non résidentiel ayant dépassé les gains enregistrés dans le secteur résidentiel.
Les prévisions indiquent une diminution des investissements dans la construction résidentielle dans les quatre provinces atlantiques d’ici la fin de la décennie. De façon générale, l’activité devrait reculer après les sommets atteints en 2024 et 2025, alors que la croissance démographique et la demande de logements étaient à leur niveau le plus élevé. Bien que l’Île‑du‑Prince‑Édouard et Terre‑Neuve‑et‑Labrador devraient connaître une légère reprise des investissements après 2028, les perspectives pour la Nouvelle‑Écosse et le Nouveau‑Brunswick prévoient que la hausse des activités de rénovation résidentielle sera plus que compensée par le recul de la construction de nouveaux logements.
Les perspectives du secteur non résidentiel dans le Canada atlantique reposent sur la réalisation de grands projets dans trois des quatre provinces.
- À Terre‑Neuve‑et‑Labrador, l’activité devrait atteindre un sommet en 2031, portée par une forte croissance dans les travaux de génie et la construction de bâtiments industriels, commerciaux et institutionnels (ICI). Les investissements atteindront leur niveau le plus élevé alors que les travaux liés au projet pétrolier extracôtier Bay du Nord se conjugueront à l’agrandissement de la centrale hydroélectrique de Churchill Falls. Les niveaux d’investissement devraient ensuite diminuer à mesure que ces grands projets arriveront à terme.
- En Nouvelle‑Écosse, les investissements devraient atteindre un sommet en 2029, grâce à la croissance des travaux de génie et de la construction de bâtiments ICI. Au cours des années suivantes, les travaux de génie devraient continuer de progresser, principalement grâce aux projets d’énergie renouvelable, tandis que les investissements dans les bâtiments ICI devraient ralentir.
- Au Nouveau‑Brunswick, les investissements non résidentiels devraient atteindre un sommet en 2027 avec le lancement prévu de la phase principale des travaux de réfection du barrage hydroélectrique de Mactaquac d’Énergie NB ainsi que du projet NextGen d’Irving Pulp & Paper. Les investissements devraient ensuite demeurer élevés jusqu’à la fin de la période de prévision.
- Après avoir atteint un sommet en 2026, les investissements à l’Île‑du‑Prince‑Édouard devraient diminuer jusqu’en 2031 avec l’achèvement de plusieurs grands projets. Une légère reprise est ensuite prévue dans les années suivantes.
Les investissements en construction au Québec sont demeurés élevés en 2025, les secteurs résidentiel et non résidentiel ayant tous deux enregistré une croissance. Les investissements résidentiels devraient diminuer par rapport aux niveaux élevés observés en 2025 et atteindre un creux en 2029, notamment en raison du ralentissement de la construction de nouveaux logements. Par la suite, la croissance sera principalement alimentée par l’augmentation de la demande de rénovations résidentielles. Dans le secteur non résidentiel, les investissements devraient augmenter jusqu’en 2027 grâce à des niveaux élevés d’activité dans les travaux de génie et les bâtiments ICI. Par la suite, les investissements évolueront au rythme du calendrier des grands projets.
Les perspectives de l’Ontario prévoient un ralentissement des investissements résidentiels jusqu’en 2027 avant une reprise importante jusqu’à la fin de la décennie. À court terme, la demande de nouveaux logements devrait demeurer limitée par la baisse des niveaux d’immigration et l’abondance de logements invendus. Dans les années suivantes, la croissance sera soutenue par une forte activité dans les logements unifamiliaux et multifamiliaux. Pendant ce temps, le secteur non résidentiel continue d’être porté par un grand nombre de projets majeurs dans les travaux de génie et la construction de bâtiments industriels, commerciaux et institutionnels. Soutenus également par une forte demande en entretien non résidentiel, ces facteurs devraient porter les investissements à un sommet en 2029 qui se maintiendra jusqu’au début des années 2030.
Au Manitoba, les prévisions annoncent une croissance du secteur résidentiel jusqu’en 2035. Dans un premier temps, la croissance des rénovations résidentielles devrait compenser en grande partie le ralentissement de la construction de nouveaux logements. Les deux composantes devraient toutefois renouer avec la croissance après 2029. L’activité non résidentielle devrait atteindre un sommet en 2030, portée par un important volume de projets de génie. Lorsque ces projets dépasseront leur période de pointe au début des années 2030, la croissance sera soutenue par une forte demande pour les bâtiments ICI.
Les investissements résidentiels en Saskatchewan devraient augmenter fortement tout au long de la période de prévision, grâce à une forte activité dans la construction de nouveaux logements. Les investissements dans ce segment devraient progresser de façon marquée jusqu’en 2029, puis de nouveau entre 2031 et 2035. Cette croissance sera soutenue par une demande persistante de rénovations résidentielles. Dans le secteur non résidentiel, les investissements devraient demeurer essentiellement stables, avec des fluctuations liées au démarrage et à l’achèvement de plusieurs grands projets.
Les perspectives de l’Alberta prévoient une hausse des investissements résidentiels jusqu’à un sommet prévu en 2026, suivie d’un recul jusqu’à la fin de la décennie. La demande de nouveaux logements devrait être freinée par la réduction de l’immigration internationale et, plus tard, par un ralentissement de la construction de logements multifamiliaux. Les investissements dans les bâtiments non résidentiels devraient quant à eux progresser modérément jusqu’à la fin de la période de prévision, grâce à la croissance des travaux de génie et de la construction de bâtiments ICI. Ces augmentations seront soutenues par une demande constante en entretien non résidentiel.
En Colombie-Britannique, les prévisions annoncent un recul des activités dans les secteurs résidentiel et non résidentiel. Le secteur résidentiel devrait diminuer par rapport au sommet atteint en 2022, avec des reculs attendus jusqu’en 2028 avant que la demande se stabilise généralement jusqu’à la fin de la décennie. Les logements multifamiliaux seront particulièrement touchés au cours de cette période. Dans le secteur non résidentiel, les investissements devraient atteindre un sommet historique en 2027 à mesure que culminent les travaux sur de nombreux grands projets de génie, dont quatre projets fédéraux de « construction nationale » dans le nord de la province. Les investissements devraient ensuite ralentir jusqu’en 2032 à mesure que ces projets arriveront à terme.
Le recrutement des jeunes et des groupes sous-représentés demeure une solution essentielle pour répondre aux besoins de main-d’œuvre
Répondre aux besoins de main-d’œuvre de l’industrie à court et à long terme nécessitera une combinaison de stratégies, notamment l’augmentation du recrutement et de la formation des jeunes, ainsi qu’un recours accru aux groupes traditionnellement sous-représentés — notamment les femmes, les Autochtones et les nouveaux arrivants au Canada — de même qu’aux travailleurs provenant d’autres secteurs d’activité, afin d’élargir le bassin de main-d’œuvre disponible.
La croissance de la demande dans le secteur de la construction au cours de la période de prévision devrait nécessiter l’ajout de 32 100 travailleurs à la population active. Lorsque cette croissance est combinée aux départs à la retraite prévus, les besoins totaux d’embauche de l’industrie pourraient atteindre 306 200 travailleurs d’ici 2034.
Selon les tendances historiques, une grande partie de ces besoins pourrait être comblée grâce au recrutement prévu d’environ 271 900 nouveaux entrants de moins de 30 ans au cours de la période. Malgré ces niveaux de recrutement élevés, l’industrie pourrait néanmoins faire face à une pénurie pouvant atteindre 34 300 travailleurs d’ici 2034.
(Veuillez noter qu’une analyse distincte des tendances de la main-d’œuvre des secteurs résidentiel et non résidentiel est présentée dans chacun des rapports.)
En 2025, environ 215 300 femmes travaillaient dans l’industrie canadienne de la construction. Parmi elles, 34 % occupaient un emploi directement sur chantier. Toutefois, les femmes ne représentaient que 6 % des 1,25 million de personnes de métier employées dans l’industrie et travaillant sur des chantiers de construction.
La population autochtone constitue également un groupe sous-représenté offrant d’importantes possibilités de recrutement. En 2025, les Autochtones représentaient 4,8 % de la main-d’œuvre de la construction au Canada, soit une légère hausse par rapport à 2016 et une proportion nettement supérieure aux 3,5 % observés dans l’ensemble de la population active. Alors que la population autochtone poursuit sa croissance, le secteur doit continuer de collaborer avec les communautés autochtones afin de promouvoir les possibilités de carrière auprès des jeunes et investir dans des initiatives favorisant la rétention à long terme ainsi qu’un environnement de travail accueillant leur permettant de bâtir des carrières enrichissantes.
Au cours de la prochaine décennie, l’industrie de la construction pourra également compter davantage sur les nouveaux arrivants pour répondre à ses besoins de main-d’œuvre. Selon les tendances actuelles et les cibles fédérales d’immigration ajustées, le Canada devrait accueillir plus de 3,2 millions de nouveaux immigrants entre 2026 et 2035. Les nouveaux arrivants deviendront ainsi un contributeur essentiel à la main-d’œuvre du secteur. En 2025, ils représentaient environ 20 % de la population active de la construction au Canada, un pourcentage inférieur à leur part dans la population active canadienne globale (28 %).
L’augmentation du taux de participation des femmes, des Autochtones et des nouveaux arrivants sera essentielle pour aider l’industrie canadienne de la construction à répondre à ses futurs besoins en main-d’œuvre., Indigenous Peoples, and newcomers will be critical in helping Canada’s construction industry address its future labour force needs.
À propos de ConstruForce Canada
ConstruForce Canada est un organisme national dirigé par l’industrie qui représente l’ensemble des secteurs de la construction au Canada. Son mandat consiste à soutenir les besoins de développement du marché du travail de l’industrie de la construction et de la maintenance. Dans le cadre de ses activités, ConstruForce collabore avec les principaux intervenants du secteur, notamment les entrepreneurs, les promoteurs de projets de construction, les fournisseurs de main-d’œuvre, les gouvernements et les organismes de formation, afin de cerner les tendances de l’offre et de la demande qui auront une incidence sur la capacité de la main-d’œuvre du secteur, et soutient les chercheurs d’emploi qui souhaitent faire carrière dans l’industrie. ConstruForce dirige également des programmes et des initiatives visant le perfectionnement des compétences de la main-d’œuvre, l’amélioration de la productivité, l’évolution des modes de formation, le développement d’outils de ressources humaines favorisant l’adoption des meilleures pratiques de l’industrie, ainsi que d’autres initiatives à valeur ajoutée axées sur le développement de la main-d’œuvre du secteur. Visitez www.buildforce.ca.
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