Malgré un resserrement, les conditions du marché du travail de la construction demeurent limitées | ConstruForce Canada

Malgré un resserrement, les conditions du marché du travail de la construction demeurent limitées


Carrefour Marché de l’emploi

Le resserrement du nombre total d’emplois tous secteurs confondus en août n’a pas aidé à assouplir les conditions des marchés du travail.

Selon l’enquête sur la population active de Statistique Canada, publiée le 9 septembre, l’emploi désaisonnalisé a diminué de 40 000 (-0,2 %) en août.

L’emploi a reculé principalement chez les jeunes de 15 à 24 ans ainsi que chez les personnes de 55 à 64 ans. Même si des hausses d’emploi ont été observées dans divers secteurs, y compris dans les « autres services » et dans les services professionnels, scientifiques et techniques, elles ont été plus que contrebalancées par les baisses enregistrées dans les services d’enseignement et dans la construction.

Le taux de chômage national tous secteurs confondus s’est établi à 5,4 %, en hausse de 0,5 point de pourcentage.

Les conditions du marché du travail de la construction demeurent limitées

La construction continue de faire face au resserrement des conditions du marché du travail.

Même si l’emploi sectoriel non désaisonnalisé a connu une baisse de 18 000 travailleurs (-1,1 %) par rapport à juillet, l’emploi se maintient au-dessus de 1,6 million de personnes, et reste plus élevé par plus de 89 100 (+5,9 %) travailleurs par rapport à ce qu’il était en août 2021.

La population active non désaisonnalisée du secteur a aussi légèrement diminué en août, mais dans une moindre mesure par rapport à l’emploi. La diminution de la population active d’un mois à l’autre n’était que de 11 600 (-0,7 %) travailleurs. Par rapport à la même période en 2021, la population active en août 2022 comptait 86 800 (+5,5 %) travailleurs de plus qu’en août 2021.

Graphique : Population active, emploi et taux de chômage dans le secteur de la construction (%), Canada

Pendant ce temps, l’activité de construction, mesurée par la valeur des permis délivrés, a continué de monter en flèche. Les données de Statistique Canada montrent que la valeur des permis délivrés au cours des sept premiers mois de 2022 était de 82,6 milliards de dollars. Ce chiffre est de 9,2 milliards de dollars plus élevé (+12,6 %) que la valeur nette de 73,3 milliards de dollars des permis de bâtir délivrés pour la même période en 2021. Tous les secteurs ont enregistré des hausses.

L’investissement dans la construction d’immeubles a été beaucoup plus élevé pendant les sept premiers mois de 2022 qu’il ne l’était pendant la même période il y a un an. Le niveau global d’investissement entre janvier et juillet de cette année a atteint 136,9 milliards de dollars. Ce chiffre est environ 14 milliards de dollars plus élevé (+11,3 %) que les 122,9 milliards de dollars rapportés au cours de sept premiers mois de l’année dernière. Tout comme pour les permis de bâtir, tous les autres secteurs ont connu des augmentations.

En raison d’une augmentation de la demande et du resserrement de l’offre de main-d’œuvre, la construction continue de rapporter un nombre élevé de postes vacants. Les employeurs ont rapporté la création de plus de 89 000 d’emplois à pourvoir en juin. Ce chiffre est resté à peu près stable par rapport à mai.

Diminution de l’emploi dans presque toutes les provinces

Toutes les provinces, sauf la Colombie-Britannique, ont affiché une diminution de l’emploi en août. L’augmentation qu’a connue la Colombie-Britannique est digne de mention, puisqu’elle a finalement ramené l’emploi sectoriel de la province au-dessus des niveaux rapportés avant la pandémie en février 2020. Toutes les provinces affichent maintenant un niveau d’emploi supérieur à celui enregistré avant le début de la pandémie.

Le taux de chômage mensuel a augmenté dans toutes les provinces en août, sauf en Colombie-Britannique.

Le taux de chômage en Colombie-Britannique s’est établi à 1,7 %, alors que la Saskatchewan et l’Ontario ont aussi rapporté un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale de 3,1 %, affichant 2 % et 2,6 %, respectivement.

Pendant la même période, l’Île-du-Prince-Édouard est restée à un niveau près du plein emploi alors que le taux de chômage en Alberta (3,8 %), au Manitoba (3,3 %) et au Québec (3,4 %) se maintenait sous les 4 %.

Terre-Neuve-et-Labrador a enregistré le taux de chômage le plus élevé du secteur en août avec 11,4 %. Le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse suivaient avec 6,5 % et 4,7 %, respectivement.

Bob Collins
Bob Collins est économiste en chef pour ConstruForce Canada.