Le ralentissement touchant les travailleurs les plus âgés et les femmes a fait baisser les statistiques sur la main-d’œuvre dans le secteur de la construction en décembre 2025

21 janvier 2026 Blogues

Les pertes d’emploi survenues au cours des 12 derniers mois ont touché exclusivement la tranche d’âge la plus âgée, tandis que l’emploi a également diminué parmi les trois tranches d’âge féminines.

Les principaux indicateurs de l’emploi dans le secteur de la construction ont tous terminé le mois de décembre 2025 à des niveaux inférieurs à ceux de décembre 2024. Une réduction de 9 500 travailleurs dans le secteur a plus que compensé une perte de 1 500 dans le nombre de travailleurs employés. En conséquence, le taux de chômage du secteur a reculé de 6,1 % à 5,7 %.

Les pertes d’emploi au cours des 12 derniers mois ont touché exclusivement la tranche d’âge la plus âgée, c’est-à-dire les travailleurs de 55 ans et plus. L’emploi dans cette cohorte a baissé de 54 200 travailleurs, soit -16,2 %, tandis que la main-d’œuvre du secteur a diminué de 58 400 travailleurs, soit -16,3 %. Ces pertes notables suggèrent qu’un grand nombre de travailleurs ont quitté le secteur en raison d’un départ à la retraite ou d’un départ anticipé au cours de l’année.

Pendant la même période, l’emploi chez les travailleurs d’âge moyen, c’est-à-dire ceux âgés de 25 à 54 ans, a augmenté de 37 600 (3,5 %), tandis que l’emploi chez les travailleurs âgés de 15 à 24 ans a augmenté de 15 100 (8,2 %).

L’analyse des données par sexe révèle des tendances marquées. Alors que l’emploi a augmenté au cours des 12 derniers mois dans toutes les cohortes d’hommes (à l’exception de la plus âgée), il a diminué dans les trois cohortes de femmes. L’emploi chez les femmes a diminué de 23 700 travailleuses, soit 10,6 %, tandis que l’emploi chez les hommes a augmenté de 22 300 travailleurs, soit 1,6 %.

Bien que cela ne ressorte pas clairement des données de l’Enquête sur la population active, une explication plausible de la baisse chez les femmes et de la hausse chez les hommes est la différence dans la composition des professions. En effet, les hommes ont tendance à travailler principalement dans des métiers et des professions sur le chantier, tandis que les femmes ont tendance à travailler principalement dans des professions hors chantier telles que l’administration, la comptabilité et la paie. Dans un contexte d’incertitude économique, lorsque les entreprises réduisent leurs coûts, ces postes d’administration et de soutien peuvent être supprimées à tous les niveaux.

Seules trois provinces ont enregistré une hausse de l’emploi au cours des 12 derniers mois. Avec 18 400 travailleurs, soit 7,3 %, la Colombie-Britannique a connu la plus forte hausse absolue de l’emploi. Durant la période de 12 mois se terminant en novembre 2025, la province a signalé une augmentation de 32,3 % des permis de construction. Une hausse de plus de 118,5 % de la valeur des permis pour les bâtiments institutionnels a ouvert la voie, alors que plusieurs projets de soins de santé et de soins de longue durée ont été lancés. La province a également constaté une augmentation des permis pour les immeubles résidentiels à logements collectifs (+55,9 %).

Le Manitoba a connu la plus forte hausse relative de l’emploi, avec 11,7 %, soit 6 200 travailleurs supplémentaires. La reprise de l’activité dans la province a probablement été stimulée par une forte augmentation de la construction de bâtiments industriels. Les activités de génie civil et de construction dans le secteur de l’industrie lourde ont probablement été stimulées par le début des travaux de construction de l’usine de fabrication de verre solaire Canadian Premium Sand à Selkirk et par la poursuite des travaux de modernisation des installations de traitement des biosolides de l’usine de traitement des eaux usées North End à Winnipeg.

La Saskatchewan est la seule autre province à avoir enregistré une hausse de l’emploi d’une année à l’autre jusqu’en décembre 2025. Cette augmentation est toutefois marginale, de seulement 100 travailleurs, soit 0,2 %.

Par ailleurs, l’Alberta (-11 000 travailleurs; -4,4 %), l’Ontario (-7 700 travailleurs; -1,4 %) et le Québec (-4 100 travailleurs; -1,3 %) ont connu les plus fortes baisses d’emploi au cours des 12 derniers mois. Le ralentissement de l’activité en Alberta s’explique probablement par l’affaiblissement de la demande de maisons individuelles, mesuré par une baisse des permis de construction pour les maisons individuelles (-19,4 %). Ce déclin est aussi dû en partie à plusieurs projets non résidentiels importants, notamment le centre de captage de dioxyde de carbone de Heidelberg Materials à Edmonton et l’agrandissement de la raffinerie d’Imperial Oil à Strathcona, qui ont soit dépassé leur pic d’activité, soit pris fin.

L’Ontario et le Québec, quant à eux, ont constaté une baisse de la valeur globale des permis au cours de la période de 12 mois se terminant en novembre 2025. Le premier a connu une baisse notable de la valeur des permis institutionnels, tandis que le second a connu un ralentissement pour tous les types de bâtiments.

Les quatre provinces de l’Atlantique ont également enregistré des pertes d’emplois par rapport à l’année précédente, Terre-Neuve-et-Labrador affichant à la fois la plus forte diminution absolue (-1 800 travailleurs) et la plus forte diminution relative (-9,9 %).

Enfin, les taux de chômage dans les provinces variaient entre un minimum de 4,3 % en Colombie-Britannique et à l’Île-du-Prince-Édouard et un maximum de 13,1 % au Nouveau-Brunswick et de 23,0 % à Terre-Neuve-et-Labrador. Toutes les autres provinces ont signalé des taux compris entre 4,5 % et 7,7 %.

Indicateurs clés du secteur de la construction

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