L’emploi à l’échelle nationale retrouve son niveau d’avant la pandémie; le secteur de la construction chute, mais reste proche des niveaux historiques


Carrefour Marché de l’emploi

Les dernières données de l’Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada sont encourageantes. En septembre, l’emploi total corrigé des variations saisonnières à l’échelle du secteur a augmenté pour un quatrième mois consécutif et a enfin retrouvé son niveau d’avant la pandémie. Les emplois à temps plein constituaient la majeure partie des 157 000 (0,8 %) emplois supplémentaires enregistrés en septembre.

Statistique Canada a recueilli ces données au cours de la semaine de 12 au 18 septembre, période durant laquelle les provinces composaient avec plusieurs enjeux importants liés à la COVID-19. Plusieurs provinces ont rendu les preuves de vaccination obligatoires, tandis que certaines régions du pays ont également réintroduit des exigences concernant le port du masque à l’intérieur. En Alberta notamment, on a vivement conseillé aux employeurs d’interrompre les plans de retour au travail des employés.

Pendant la semaine de référence de septembre, la nouvelle année scolaire a commencé dans tout le pays, ce qui a eu des répercussions sur les conditions du marché du travail, tant pour les étudiants que pour les parents.

L’emploi dans le secteur de la construction est en baisse, mais reste proche des niveaux historiques

Pour ce qui est du mois de septembre, les chiffres non corrigés des variations saisonnières du secteur de la construction affichent des tendances plus nuancées. Le secteur a perdu 24 300 travailleurs au cours du mois, ce qui représente une baisse de 1,6 % et constitue le premier déclin de l’emploi dans le secteur depuis janvier. Cette diminution est probablement en partie attribuable à la nature cyclique du secteur.

La situation de l’emploi dans l’ensemble du secteur est stable. D’un mois à l’autre, l’emploi en 2021 a atteint ou dépassé les niveaux historiques. Par exemple, au mois de septembre, l’emploi était 3,8 % supérieur à l’emploi enregistré pour la même période l’année précédente, ce qui représente 54 300 travailleurs de plus.

Graphique : Population active, emploi et taux de chômage dans  le secteur de la construction (%), Canada

Terre-Neuve-et-Labrador et l’Île-du-Prince-Édouard étaient les seules provinces à rapporter une hausse de l’emploi d’un mois à l’autre en septembre, soit de 1,6 % et de 3,4 %, respectivement. L’emploi est resté relativement inchangé en Ontario, au Manitoba et au Québec, chaque province ayant connu des fluctuations de l’emploi inférieures à 1 % par rapport au mois précédent. Les autres provinces ont connu une baisse de l’emploi comparativement au mois d’août, la Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan affichant des baisses de 4,7 % et de 4,6 %, respectivement.

La plupart des provinces ont rapporté des hausses de l’emploi dans le secteur par rapport à septembre 2020. Le Québec et l’Ontario ont enregistré les hausses les plus importantes, soit 7 % et 6,1 %, respectivement, tandis que de nombreuses autres provinces ont enregistré des hausses de 5 % ou moins. D’une année sur l’autre, l’emploi a diminué à l’Île-du-Prince-Édouard (-17,6 %), au Nouveau-Brunswick (-2,9 %), en Alberta (-2,0 %) et en Nouvelle-Écosse (-0,8 %).

Le taux de chômage du secteur a un peu remonté (+0,3 %), la baisse de l’emploi en septembre (-24 000 travailleurs, soit -1,6 %) ayant été légèrement supérieure à la baisse de la population active (-19 800 travailleurs, soit -1,3 %). Le nombre d’heures travaillées continue d’augmenter. Le nombre total d’heures travaillées au niveau national a augmenté de 4,8 % en septembre, par rapport aux niveaux de septembre 2020.

Parallèlement, le rapport de Statistique Canada sur les postes vacants au cours du deuxième trimestre de 2021 laisse entendre que les postes vacants dans le secteur de la construction ont atteint un record sans précédent.

Le nombre de postes vacants dans le secteur a augmenté de 19 900 postes (+46,7 %) en deux ans pour atteindre 62 600 au deuxième trimestre de 2021, soit le total le plus élevé jamais enregistré. Les hausses les plus importantes ont été observées chez les entrepreneurs spécialisés, où les postes vacants ont augmenté de 14 300 postes (+53 %), suivi par le sous-secteur de la construction d’immeubles (+4 400 ou 40,8 %).

On relève une hausse de la demande en travailleurs, qui est notamment attribuable à la croissance continue des investissements dans la construction d’immeubles. Compte tenu de ces facteurs liés à la demande, le rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre d’emplois vacants dans le secteur de la construction a diminué à 1:3 au deuxième trimestre de 2021. Selon l’Enquête canadienne sur la situation des entreprises, le recrutement d’employés qualifiés devrait constituer un obstacle pour plus du tiers (35,2 %) des entreprises de construction, comparativement à 27,8 % de l’ensemble des entreprises.

Bob Collins
Bob Collins est économiste en chef pour ConstruForce Canada.